Samedi 11 avril 2009

Le paysage a complètement changé. Plus de mont AGUNG à l’horizon. Ce beau et fier volcan trônant et dominant majestueusement Bali. Tantôt enrubanné d’une auréole nuageuse, il donne l’impression de se protéger du froid et de la grisaille de certains matins. Tantôt baigné d’une lumière radieuse, il s’étire, gueule ouverte, laissant admirer les formes très découpées de son cratère. Deu x images de cartes postales, deux images qui ne sont plus que souvenir dans ma mémoire. Le paysage a changé, et ce matin je ne vois que culminer, au milieu des champs de la Beauce, de grands et modernes moulins à vent. Leurs pales géantes tournent lentement, invariablement, suivant un rythme hypnotique, tel un métronome. Les éoliennes et l’immensité des plaines qui défilent me laissent un peu d’amertume au cœur. Les palmiers, les junkungs et la mer de Bali me manquent déjà. Le TGV file en direction de Rennes, le wagon de 1° classe est rempli. Personne n’à le sourire, personne ne se parle, chacun est concentré sur son ordinateur portable, chacun dans son monde, le monde du stress, du travail, un monde où l’on oublie de vivre, où l’on ignore son voisin. Christine dort à côté de mo i, le décalage horaire et la fatigue du voyage ont eu raison de ses sens. Le paysage continue de défiler, et je ferme les yeux. Dans ma tête défile les évènements de cette dernière semaine. Semaine faite de bonheur, de découvertes, de beauté et de plaisir.

Nous avons alterné les journées, mêlant ainsi la culture et la plongée. Après notre journée de repos au SANUR Beach Hôtel, pour NYEPI, nous avons pris le bateau pour nous rendre sur NUSA PENIDA. « Christal Bay » est le premier site que Christine a découvert. Nous nous sommes mis à l’eau tous les deux, je suis fier d’être son Divemaster, son guide. Christine apprécie aussi cette intimité sous-marine, cette complicité. L’eau est chaude et le sable blanc reflète les rayons du soleil aspergeant de sa lumière différentes sortes de coraux et la multitude de poissons colorés qui nous réjouissent. Nous ferons une première plongée tranquille, sans complication, une plongée de réadaptation. La seconde se passe sur le site de « Manta Point », première observation des soucoupes volantes marines pour Christine, et premier requin aussi. En effet, un requin d’un mètre cinquante n’a rien trouver de mieux que de chasser sous nos pieds, à moins de deux mètres. Même pas peur…

Notre première sortie touristique nous mène pour la journée dans la région de BEDUGUL. Nous avons loué une voiture avec chauffeur. Meilleure solution pour qui ne veut pas s’embêter avec un itinéraire aux panneaux indicateurs aléatoires, des policiers trop zélés, et des polices d’assurances qui n’assurent rien du tout. Made, notre chauffeur, se fait un plaisir de nous compter, en anglais, maints détails sur la culture de son pays. Les champs de riz se succèdent, tous parcellés, tous d’un vert intense et varié. Vert tendre des jeunes pousses, vert émeraude des plants plus murs, vert bouteille en fin de croissance, et enfin vert paille juste avant la coupe. Au détour d’un virage, des femmes courbées, portant le chapeau tressé du paysan asiatique s’agitent dans le champ. Dans un même rythme, elles soulèvent des brassées de plants de riz à maturité et les fouettent sur une planche de bois oblique. Sous la violence des coups, les grains de riz jaillissent et se répandent sur une bâche bleue recouvrant le sol.

La route est de plus en plus sinueuse, et nous bifurquons à gauche, empruntant un asphalte vieillot et à peine plus large que notre voiture. Nous longeons le mont BATUKARU, autre volcan de Bali culminant à 2271 mètres. Aux abords de « JATILUWIH », ses flancs ont été sculptés par la main de l’homme depuis des siècles. Pas une parcelle exploitable n’est laissée à l’abandon. Une multitude de rizières en terrasse, savamment et artistiquement disposées, au système d’irrigation ancestral et sophistiqué, forment ainsi un paysage de toute beauté. Nous continuons notre route, Près du sommet s’étend trois lacs de montagne. Le premier, le lac BERATAN baigne le temple « Ulun Danu Bratan ». La beauté de Bali n’est pas que marine…


Après une nouvelle journée de plongée à PADANG BAY, à admirer une multitude d’espèces marines, Batfish, nudibranches, crevettes nettoyeuses, poulpes, squilles, poissons coffre, tortue, etc. nous établissons le programme de notre prochaine visite. Ce sera UBUD et sa région. Changement de véhicule, chan gement de chauffeur. Wayan parle un peu le français, ce qui est assez rare à Bali. Wayan, tiré du mot wayahan, signifie « l’ainé ». Seul quatre prénoms existent à Bali, donnés indifféremment à un garçon ou à une fille, et leur signification indique l’ordre de naissance. Wayan est donc le premier né, le second s’appelle obligatoirement Made (qui signifie : moyen), le troisième Nyoman  (le petit) et enfin le quatrième Kettut (la fin). Mais comme dans la pratique, les parents continuent de donner naissance, alors pour le cinquième, on reprend tout au début, Wayann, puis Made, etc. Quelques synonymes sont parfois utilisés à partir du cinquième : pour Wayan : Putu et Gede, pour Made : Kadek et Nengha, pour Nyoman : Komang. Pourquoi se compliquer la vie ? … La beauté de Bali s’exprime aussi dans la simplicité.

Avant d’arriver à UBUD, nous profitons d’un spectacle de danse. Sur scène, les acteurs aux costumes aussi colorés et brillants que volumineux, nous comptent l’opposition entre les forces du  bien représentées par la créature mythique du « Barong »,  et celles du mal qu’incarne Rangda, reine des sorcières. Comme dans la culture balinaise, ses deux forces coexistent, il n’y aura pas de vainqueur ni de vaincu, Barong et Rangda, deux créatures condamnées à se côtoyer et à régir nos vies. La ville d’UBUD et son marché ne nous laissera pas de souvenir impérissable. Le capharnaüm des boutiques, le urs entassements et les quantités d’objets touristiques n’ont rien de vraiment typique, et semblent dérivés des marchés africains. Il faut rechercher la culture à l’extérieur de la ville, dans les villages, là où opèrent les divers artistes en tout genre, sculpteurs sur bois ou sur pierre, peintres, tisseurs… La beauté de Bali n’est pas que marine ou terrestre, elle est  aussi dans sa culture, dans ses croyances et dans la relation de ses habitants à leurs croyances.

Il est 07h30 du matin en ce dernier jour du mois de mars. Le soleil nous réchauffe déjà, nous obligeant même à rechercher un peu d’ombre. Le minibus qui nous conduira à TULAMBEN est déjà là, le coffre ouvert, attendant d’y recevoir les sacs et bouteilles de plongée.  Après deux heures de route, nous franchissons l’étroit passage qui sert d’entrée à l’hôtel « Matahari », renfermant un espace spécialement aménagé et dédié aux plongeurs. Après une première plongée sur « Drop off », et un déjeuner rapide, j’emmène Christine pour sa première visite de l’USAT Liberty. Nous tenterons d’apercevoir par 28 mètres de fond, fragilement attaché à sa gorgone, un hippocampe pygmée. Il est si minuscule qu’il nous faudra cinq bonnes minutes à détailler l’arborescence de la gorgone avant de le distinguer. C’est Guy qui le trouve et nous le montre.

Les journées passent très vite, nous flânons dans les rues de SANUR, sirotant des jus de fruit frais aux terrasses des cafés, d égustant un poisson grillé sur la plage, ou profitant du bien être d’un massage balinais. Nous visitons aussi le « Bali Orchid garden » à la sortie de SANUR, renfermant sur plus d’un hectare, une collection impressionnante d’orchidées, cultivées avec passion. Pour le 03 avril nous irons en scooter, jusqu’à JIMBARAN, en fin d’après-midi, avec le secret espoir de partager, pour l’anniversaire de ma belle, un coucher de soleil sur l’une des plages les plus romantiques au monde. En guise de coucher de soleil, c’est un bel orage qui accompagnera notre repas, mais qu’importe, nous sommes bien, heureux d’être ensemble, à profiter de ces courts instants, purs cadeaux de la vie, à près de 13000 Km de notre Bretagne.








Le train ralenti, m’extirpant de mes songes, me forçant à intégrer la réalité, RENNES est à nos pieds, Bali n’est plus qu’un souvenir. Souvenir très fort, si fort, que nous savons Christine et moi, dans notre fort intérieur, que nous y retournerons bientôt, et peut-être pour longtemps.

Par jeff56460
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Vendredi 27 mars 2009

SANUR, jeudi 26 mars 2009

Le temps passe inexorablement, égrenant indifféremment les fractions de vie que nous nommons « seconde ». Rien de plus régulier que chacune de ces secondes passées ou à venir, rien de plus monotone aussi. Pourtant chaque seconde renferme en elle, et pour tout individu, la suite logique de sa vie. Ainsi, pour tout un chacun une seconde peut paraître si courte ou si longue, suivant le bonheur ou la souffrance qu’elle renferme. Le temps passe inexorablement et nous n’avons aucune pression sur lui. Ce qui est passé est passé, ce qui est l’avenir sera bientôt le passé. Aujourd’hui je voudrais posséder un levier, ralentir ce temps qui passe, profiter plus longuement du bonheur présent. Mais en même temps, quelqu’un d’autre de par le monde souhaiterait posséder un accélérateur. Le temps passe inexorablement, et c’est tant mieux que l’on ne puisse le modifier.

Voici trop longtemps que je ne vous ai narré mes aventures, alors allons-y….

Aujourd’hui c’est « NYEPI » ! Quel est ce vocable étrange, et que cachent ces 4 lettres ? Tout d’abord NYEPI est la fête balinaise la plus suivie, de gré ou de force… Pour NYEPI, toutes formes visuelles extérieures de vie s’arrêtent à BALI. NYEPI est une fête exceptionnelle, celle du silence et du recueillement. Mais commençons par le commencement.


Mercredi 18 mars 2009

Il est 06h00 du matin, je monte dans le minibus accompagné de Reto et de deux clients du centre de plongée, direction l’ouest de Bali. Il nous faudra quatre heures de route pour atteindre « Gili Gemanuk », premier site de plongée de notre safari de quatre jours. La circulation est fluide, bien plus que d’habitude. Trop fluide pour être normale. Les balinais et balinaises que nous croisons, en plus de leur sourire habituel, arborent de beaux costumes, blancs pour la plupart. Ils sont occupés à dresser, devant chez eux, une grande canne de bambou, subtilement décorée de feuilles de pandanus tressées ou roulées. A l’extrémité de chacune pend une chaîne dont les mai llons sont également en pandanus. Un genre de plumeau tressé est alors suspendu à la chaîne. A la base du « Penjor », nom de la canne de bambou,  à hauteur d’homme, est fixé un petit hôtel, toujours en pandanus, renfermant les offrandes destinées au dieu Indra. Et oui, ce 18 mars est jour de fête à Bali : « GALUNGAN ». La fête la plus importante de l’année suivant le calendrier Balinais qui compte 210 jours. La fête commémorative de la victoire du bien sur le mal, la victoire du dieu Indra sur Mayadenawa, horrible roi athée et mythique, qui tenait sous sa coupe Bali, interdisant d’honorer Dieux et ancêtres.

Pour notre part, nous ne changeons rien au programme, et effectuons nos deux plongées dans des eaux relativement sales, peu profondes, où gisent plastiques et détritus divers. Peu engageant de prime abord !! Et pourtant ce seront deux plongées fantastiques, pour qui sait apprécier la diversité de la faune aquatique. Je verrai tour à tour, quantité de nudibranches et limaces différentes, plus belles les unes que les autres, des oursins de toute beauté, faisant onduler leurs piquants, telles d’innombrables échasses afin de se déplacer. Des crevettes de deux centimètres, orange rayée de blanc, d’autres bleues. Un poisson grenouille reposant sur ses deux nageoires inférieures osera se montrer en compagnie de deux hippocampes. Et bien d’autres créatures, aussi belles qu’étranges.

Pour la suite du safari, nous accueillons trois nouveaux clients, et  rejoignons PERMUTERAN. Nous  prenons le bateau pour effectuer deux plongées aux abords de l’île de MANJANGAN. Les eaux sont limpides, les coraux étalent leur diversité et leur beauté. Un napoléon, deux tortues viendront égayer la sortie. Après une bonne nuit de sommeil, direction TULAMBEN, site maintenant très connu, pour faire découvrir l’épave. Nous ferons une plongée de nuit pour commencer. La nuit est bien noire, et nous nous mettons à l’eau. Le faisceau de nos lampes balaye les fonds sableux, à la recherche de tous organismes vivants, animaux ou végétaux. C’est encore plus fantastique de nuit que de jour. Sans être véritablement angoissant, l’obscurité et le silence créent une ambiance particulière. Un gros mérou marron semble me suivre, profitant de ma lampe pour chasser. J’éclaire deux poissons trompettes, qui semblent pétrifié par la lumière. Soudain le mérou jaillit, ouvrant grand sa gueule démesurée, engloutissant d’un seul coup la moitié d’un des deux poissons trompettes. L’autre moitié s’agite un instant puis se fige, pour être à son tour avalée. Je verrai aussi plusieurs énormes poisson-perroquets, semblant dormir à l’abri de l’épave. Le safari se termine le lundi 23 mars, par des plongée s sur NUSA PENIDA, en compagnie des raies Manta. Le lendemain, pas de plongée pour moi...

Je me fais beau, me rase de près, enfile une chemise bleue ornée de motifs locaux, et me rend à DENPASAR, à l’aéroport, pour accueillir ma petite femme chérie. Elle apparaît, resplendissante bien que fatiguée, avec à ses côtés un porteur balinais tirant son unique valise. Dans l’après-midi, je lui fais découvrir non seulement la rue principale de SANUR, mais aussi son nouveau moyen de locomotion, le scooter. J’aime bien la sentir se coller dans mon dos, les mains croisées sur mon torse…

Le lendemain, nous décidons de nous rendre à KUTA, petite ville très touristique au sud de SANUR et DENPASAR. La plage de sable blanc est immense. De nombreux surfeurs rivalisent d’audace et de prouesse pour dompter les gros rouleaux qui déferlent sur la plage. Le bord de plage ressemble à nos centres balnéaires, grouillant de touristes et de cafés en tout genre. Rien qui nous attire vraiment, trop bruyant, trop trépident, trop…européens !! Ce n’est pas pour cela que nous sommes ici. Pas pour cela que nous avons roulé sur notre scooter, nous faisant arrêter par un policier zélé. Défaut de casque… pour la passagère. Il n’a pas l’air de rigoler, et pense surement pouvoir me soutirer quelque argent. Usant d’une tactique déjà éprouvée l’avant-veille avec le collègue photographe, nous faisons les sots et les ignares. Ignorance de la langue indonésienne, c’est sur, et ignorance de l’anglais. A force de lui dire que nous ne parlons que français, et que malgré nos efforts nous ne le comprenons vraiment pas, il abandonne bien malgré lui, tout en nous faisant part de son mécontentement et de nos responsabilités à rouler ainsi. Alors pourquoi être venu jusqu’à KUTA ? La réponse est simple : « pour voir les ogho- ogho ! ». Voilà qui nous ramène au début de cet article, et à la fête du silence NYEPI. NYEPI est le premier jour de l’année. La veille, à partir de la nuit tombée, les balinais font défiler dans les rues des monstres de papiers mâchés, les fameux ogho-ogho. Ces monstres symbolisant les esprits malfaisants, s’affrontent entre eux aux différents carrefours de la ville. Les ogho-ogho, montés sur des bambous sont remués en tous sens, au rythme de l’orchestre de gamelan, instrument de musique local. Les mauvais esprits sont alors heureux d’être ainsi fêtés. Le lendemain, a lieu la fête unique en son genre de par le monde, NYEPI. En effet pendant toute une journée, toute vie s’arrête sur l’île. Les commerces, les banques sont tous fermés, même l’aéroport est fermé. Plus aucune voiture, plus aucun scooter, plus une seule personne ne sort dans la rue, plus aucune activité perceptible. Tout le monde reste chez soi, pas le droit d’allumer la lumière, de faire du bruit, etc… La journée du silence et du recueillement!! Le but est de ne donner aucun signe de vie aux esprits malfaisants, qui n’ont ainsi pas d’autres solutions que de quitter l’île.

Pour cette journée, j’ai loué une chambre dans l’un des plus prestigieux hôtels de SANUR, qui offre une prestation certes limitée, mais qui nous aura permis de passer une journée somme toute bien agréable, à lire, bronzer, jouer aux échecs, et même profiter de la piscine… mais chut, ne le répéter pas, les mauvais esprits pourraient vous entendre…

Par jeff56460
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Mardi 17 mars 2009

SANUR, Lundi 16 mars 2009

Les moustiques attaquent. Je viens de m’installer dehors sur la terrasse. Je ne dirais pas confortablement car je suis plié en deux sur le clavier de mon PC portable, mais au moins  je bénéficie de la relative fraîcheur de la nuit tombante. Je vais essayer de tenir le temps que le ventilateur, poussé à sa plus grande vitesse, évacue l’air chaud et humide de la chambre. En attendant, je sers de repas aux moustiques. Ce n’est pas encore le noir absolu, il n’est que 19h00. A cette latitude, les heures de lever et de coucher du soleil sont identiques tout au long de l’année. La vie active prend son rythme dés 06h30, pour s’éteindre doucement vers les 18h30. Les noctambules prennent alors tranquillement le relais, la nuit tous les touristes sont gris.

L’un des buts de ma présence à Bali est enfin atteint.  Le jeudi 12, une première journée de théorie ponctuée par une série de quatre tests a ouvert le bal. J’ai enfin terminé ma formation de « Divemaster » aujourd’hui, lundi 16 mars 2009. Après un rapide rappel des connaissances, quelques exercices de maniement des tables de décompression,  et me voici seul, face à ma feuille d’examen final. Les 4 séries de tests portent l’un sur la physiologie, un autre sur les techniques et l’environnement, encore un sur l’équipement du plongeur et le dernier sur la décompression. Vingt questions sur chaque thème, les unes me semblent simples, mais certaines très épineuses. Prendre son temps, réfléchir, se remémorer, analyser, déduire, et enfin formuler sa réponse. Au bout d’une heure je sue. Je ne sais pas si c’est la tension nerveuse ou la température de la pièce, certainement un peu des deux. Je pousse la climatisation, il faut refroidir les neurones. Je m’amuse avec les tables de décompression, je maîtrise l’exercice, mais je fais attention de ne pas pêcher par excès de zèle. Terminé, je viens d’inscrire ma dernière réponse. Maintenant à l’instructeur de travailler, et d’émettre son verdict. Je dois obtenir un minimum de 75% sur chacun des thèmes. Premier test, 95%, second 100%, troisième 90% et finalement 95% pour le quatrième. Ca y est la théorie est acquise. Il me reste une heure pour établir un « plan d’urgence », dernier maillon manquant de mon examen final.  Ce plan doit servir à gérer, en fournissant les numéros de téléphone d’urgence, les conditions d’évacuation, les matériels de secours et toutes informations utiles, un éventuel accident de plongée sur les différents sites aux abords de l’île de Nusa Penida.

JE SUIS DIVEMASTER. Premier niveau professionnel du concept PADI.

Revenons un peu en arrière, là où je vous avais laissé lors de mon dernier article.

Six jours se sont écoulés, dont trois à plonger, deux 2 à étudier, et un en examen écrit. Après Pandang Bay, mon rôle à été de m’occuper de Philippe, photographe professionnel. Accompagné d’un mannequin, il est à Bali pour réaliser un reportage et des photos de lingeries pour un magasine féminin français. Plongeur autonome, il souhaite profiter de son séjour pour concocter plusieurs articles destinés aux principales revues de plongée sous-marine. Ne vous méprenez pas, je ne l’accompagne que pour les photos sous-marine !!

Pour le premier site, nous nous rendons à « Manta Point », il veut voir du gros. La chance est avec nous, les conditions météos sont bonnes, et 4 raies Manta viennent nous dévoiler leur dernier balai. Le spectacle est toujours aussi impressionnant. Une raie passera même à porter de main, je prends toute la mesure de sa taille et de son élégance. Philippe n’arrête pas, ses flashes crépitent. Loin d’être intimidées, les raies ont l’air de s’en amuser. Je réussie aussi quelques photos correctes. Comparées à celles de Philippe, je ne sais pas si je peux dire « correcte », mais bon, chacun son job. Je suis quand même content de ce que j’ai.

Le second site sera « SD Point », le courant est présent, cela risque d’être chaud. Pendant le repas sur le bateau, je change la batterie de mon appareil photo, histoire de ne pas être piégé une fois sous l’eau. Mise à l’eau, un bout de dérive est largué. Je m’y accroche, attendant que les autres plongeurs du groupe et Philippe soient prêts. 
Nous faisons deux palanquées. Tout le monde est là, tout le monde est ok. Je fais signe à Philippe que nous descendons. Tout en expirant ma flottabilité devient négative, et la descente commence. Le courant nous propulse déjà. Je stabilise. Philippe me suit, il me fait signe que tout va bien. Je regarde mon appareil photo… Horreur, l’eau de mer est entrée dans le caisson. Non mais je rêve, ce n’est pas vrai !!!  Je rage intérieurement, mais je ne peux rien y faire, c’est trop tard. Un instant d’inattention lors de l’échange de la batterie aura suffit pour coincer légèrement la dragonne de l’appareil dans la fermeture du caisson. Il n’en faut pas moins. L’appareil est mort. Terminé les photos. Je passe le reste de la plongée à ruminer.  Je pense ouvrir un compte spécial : « SOS Photographe en détresse », dès que cela est fait, je vous communique le numéro, pour vos dons, non déductible des impôts. Désolé….

Jour suivant, jeudi 12 mars. Théorie et premiers examens portant sur la Physique, les standards PADI, la sécurité, et le rôle du Divemaster dans un cadre pédagogique. Réussite.

Le lendemain direction Tulamben. Aujourd’hui je suis entièrement responsable des 2 plongées. Cela fait partie de l’examen pratique. Je choisis le site de l’épave pour commencer, la seconde sera sur le tombant de « Drop Off ». Sous la supervision de Reto, je fais mon briefing pré-plongée, tel que je l’ai appris dans le manuel. Philippe et Julie sont attentifs. Je sors une petite blague au passage, la plongée est et doit rester récréative. Je suis un peu fier de guider mes premiers « clients ». Les deux plongées se déroulent parfaitement. Deux énormes mérous nous accompagnent lors de la visite de l’épave. Un poisson perroquet à bosse viendra nous narguer sur le second site.

Même processus, même palanquée en ce samedi matin. Nous arrivons vers 10h00 au Diver’s Café. Le cadre est sympathique bien que sobre. Une petite piscine d’eau douce miroite, tandis que se prélassent deux jeunes serveuses. Notre venue déclenche un joli sourire, laissant paraître une dentition aussi blanche qu’est noir le sable volcanique de la plage d’AMED. Cette dernière s’incurve, créant comme un petit port naturel, abritant les embarcations locales, les jukungs. La forme irrégulière de leur corps, taillé dans un bois déjà ancien, est manifestement de fabrication artisanale. Tout aussi ancien, buriné par le soleil, sec, mais l’œil encore vaillant, le « capitaine » donne ses ordres à un jeune balinais, pour qu’il amène tout notre équipement de plongée. Nous nous hissons à bord. Chaque embarcation ne peut emmener que trois passagers. Après cinq minutes de navigation, bercé par quelques vagues et  par le ronflement du petit moteur, nous arrivons sur le site. Descente le long du bout de mouillage, et c’est parti pour une petite dérivante légère de 50 minutes. Un jardin de splendides gorgones de toutes formes et tailles, courbées par le courant, illumine la fin de la plongée. Philippe mitraille de toutes parts, sous tous les angles, jouant avec la lumière, créant des clichés digne du professionnel qu’il est. Après un filet de poisson cuit dans une feuille de bananier et relevé d’un zeste de citron, nous embarquons pour la deuxième plongée. Cette fois, nous finissons la plongée nageant en compagnie de deux tortues de mer, sous l’œil furtif d’un petit requin à pointes blanches. Il nous faut remonter, les bouteilles sont presque vides. La tête elle, est pleine de belles images et de beaux souvenirs.

 

Par jeff56460
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Mercredi 11 mars 2009

SANUR, mardi 10 mars 2009

Il est minuit Jeff le plongeur !! L’insomnie est présente. Le bruit de la pluie qui tombe et les aboiements incessants de chiens errants ne m’aident pas à trouver le sommeil. De plus je culpabilise. Voici maintenant 5 jours que je n’ai pas écrit une ligne. Un peu de flemme, un manque de volonté, la fatigue qui s’installe petit à petit, et les mots qui ne viennent pas. Allez, c’est dit, je ne dormirais que cet article terminé.

Les épreuves ont commencées, ce vendredi 06 mars. Peu de client en ce jour, juste Julie, venu comme moi pour deux mois, et qui débute la plongée. Guy va se charger de lui faire passer ses premiers brevets. Réto me propose de nous rendre à la piscine d’un grand  hôtel situé à l’extérieur de Sanur, et de passer les premières épreuves du brevet de Divemaster. Edi et Wadou, deux balinais salariés d’Atlantis nous accompagnent, et participent également aux épreuves. Après avoir franchi le hall d’entrée où séjournent à jamais de très belles statues métalliques, nous suivons un chemin sinueux, laissant de part et d’autres les « chambres-bungalows de l’hôtel », et nous conduisant à la piscine. Cette dernière est particulière. Telle une petite rivière qui serpente, c’est un ruban d’eau qui déroule ses 100 mètres limpides. Quelques ponts l’enjambent, reliant les chambres alentours. Sa largeur ne dépasse les 3 mètres, et sa profondeur varie, du mètre à la source au 4 mètres de sa fosse finale. Le premier test consiste en un 400m chronométré, nage libre. Wadou le fanfaron me défie à la course. « Bali VS France » me dit-il!! Edi pas sur de lui ne dit mot. Je relève le défi. Top départ, après un superbe plongeon et un crawl actif, Wadou prend la tête, je tente de suivre, mais m’aperçois bien vite qu’à se rythme, je n’irais pas au bout des 400 mètres. Je ralentis et prends un rythme un peu plus lent qui me convient mieux. Après avoir viré à mi-course, Wadou est en vue, il a un peu présumé de ses forces. Je garde le rythme, et le dépasse. 1 à 0 pour la France. Seconde épreuve, 800 mètres avec palmes mas que et tuba, seule la propulsion des jambes compte, interdit de se servir des bras. Wadou compte prendre sa revanche. Je ne lui en donnerais pas l’occasion, prenant l’avantage dès le départ, je ferais le forcing jusqu’au bout. 2/0 pour la France. Wadou abandonne, il ne finira pas les épreuves. L’épreuve suivante, consiste à démontrer sa flottabilité, en restant sur l’eau, sans nager pendant 15 minutes, dont les deux dernières avec les bras relevés. La quatrième est un 100 mètres chronométré en tractant ou poussant (on a le choix) un autre nageur. Le minimum de point à obtenir sur l’ensemble de ces 4 épreuves est de 12/20, j’obtiens 16. Après un court repos, nous enchaînons par un ensemble de 20 exercices de base pour la plongée, comme la préparation de l’équipement, le vidage du masque sous l’eau, la remonte d’urgence contrôlée, etc... Il ne s’agit pas s eulement  de réaliser parfaitement ses exercices, mais encore faut-il en faire la démonstration, les décomposer en faisant bien ressortir chaque points particuliers, chaque phases critiques. Plus tard, devant les élèves plongeurs, nous aurons un rôle de modèle, et c’est avec aisance que nous devrons démontrer tous ces exercices. Au final, j’obtiens la note de 84/100, ce qui au dire de Réto l’instructeur, est une excellente note.

Le lendemain, direction Tulamben. J’effectue deux plongées avec Réto sur un nouveau site. Armés d’un décamètre, d’une boussole, d’une plaquette immergeable et de mon profondimètre, je dois réaliser un relevé topographique, afin d’effectuer par la suite une carte sous-marine. La première plongée durera 74 minutes. J’effectuerais 60 relevés espacés de 5 mètres, en notant pour chacun le type de fond rencontré, la profondeur, et les points caractéristiques du secteur exploré. La seconde plongée, me permettra de terminer mes relevés. Au final, c’est une zone de plus de 3500m² que j’aurais détaillé par secteur de 25m² chacun, pour une profondeur variant de 20 à 5 mètres.

Je passerais les ¾ de mon dimanche à retranscrire mes données sur du papier millimétré, à l’échelle, afin de réaliser une carte marine du secteur exploré.

Lundi, 3 nouveaux clients ont l’intention de visiter l’épave de l’USAT Liberty à Tulamben. Je fais partie du voyage, avec Guy. L’épave est toujours aussi intéressante à visiter, la faune toujours aussi diversifié. Le niveau correct des plongeurs me permet de me consacrer un peu à la photo. Je n’ai pas besoin d’être constamment près d’eux. J’ai quelques difficultés à maitriser tous les paramètres. Le flash déporté ne m’apporte pas la lumière nécessaire, les tons sont froids, seul le bleu et le vert paraissent. Après plusieurs réglages, je finis par obtenir de bons résultats. Je va is pouvoir faire de beaux clichés. Je m’inquiète de la consommation de mes clients. 100 bars pour chacun, sauf Pierre à qui il reste 90 bars. Pas de problème, nous pouvons continuer d’explorer l’épave, scrutant chaque parcelle à la recherche du moindre organisme vivant original. Je me retourne, et aperçois un beau requin pointe blanche nageant à quelques longueurs. Il disparaît presque aussitôt dans le bleu profond de l’océan. Soudain Guy attire mon attention, il vient de vérifier l’air de Pierre, et me fait signe qu’il n’a plus que 50 bars !! Impossible et pourtant vrai. Pierre à menti sur sa consommation, lorsque je lui ai demandé juste avant. De l’inconscience. Nous sommes encore à 2 3 mètres de profondeur. Il ne me reste plus qu’à lui donner mon octopussy (détendeur de secours) et remonter dans la zone des 5 mètres faire le palier de sécurité. Arrivée dans la zone, je lui indique de reprendre son détendeur, et de respirer à nouveau sur sa bouteille. Nous finirons ainsi cette plongée. Guy et les deux autres clients nous rejoignent presque aussitôt. Nous faisons la seconde plongée devant l’hôtel Matahari, ou s’étale un vrai jardin de coraux. A l’issu, Sonia et Olivier souhaitant replonger dès demain, Guy planifie une sortie à Padang Bay.

Il est 8h00 ce mardi matin, Sonia et Olivier sont présents, et après la vérification du matériel, nou s embarquons dans le minibus. Aujourd’hui, je serais avec Kadek, divemaster local pour encadrer cette sortie. Premier site visité, Jepun. Une structure artificielle à été déposé par 20 mètres, attirant la vie aquatique. Une épave de bâteau de pêche git également à cette profondeur. Elle est trop récente pour abriter une faune importante. Deux rascasses volantes ont tout de même élu domicile. Un poisson vache joue avec mon objectif. Après un repas original et goûté, direction « Blue Lagoon », site de la seconde plongée. C e site porte bien son nom, avec ses pâtés de coraux disséminés sur du sable blanc, et une eau turquoise. Cela est assez rare à Bali, le sable étant plutôt noir, car d’origine volcanique. Un petit courant contraire nous demande de faire des efforts, mais ne nous empêche nullement de  contempler un joli poisson scorpion feuille jonché sur son lit de corail, ou une murène ruban juvénile. Cette dernière est noire avec une rayure jaune sur le dessus, alors qu’adulte elle devient bleue et conserve sa rayure jaune. C’est fatigué que je finirais cette plongée.

Il est 01h30 Jeff le plongeur. La pluie a cessé, les chiens se sont tus, et mes yeux s’alourdissent. Je devrais m’endormir maintenant.

Par jeff56460
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Jeudi 5 mars 2009

Jeudi 05 mars 2009, 06h35.

Je me réveille tout juste, après une bonne nuit reposante. Aujourd’hui est une nouvelle journée de relaxe. Tout du moins, je veux dire, sans plongée, car je vais devoir travailler la théorie de mon prochain brevet : le divemaster. Il y a beaucoup de connaissances nouvelles à appréhender, dans différents domaines, comme la biologie marine, la physiologie des gaz, la théorie de la décompression, ou plus simplement le fonctionnement détaillé de l’équipement de plongée, tel le premier étage du détendeur. Cela n’est pas sans me déplaire, mais il faut bien avouer qu’à 50 ans ou presque, après des années sans faire travailler sa mémoire, il est un peu difficile de se concentrer et d’enregistrer toutes ces infos particulières. La pratique est beaucoup plus passionnante, le contact et la connaissance superficielle de nouvelles personnes, l’appréhension de leur difficulté et leur résolution, leur émerveillement après une plongée riche en sensation visuelle, tout cet ensemble me convient bien. Il est vrai que le bien-être ressenti sous l’eau en état d’apesanteur, la beauté du milieu aquatique, sa diversité, ne peuvent que ravir.

Les deux dernières journées écoulées, ont vu un changement dans la routine « Sanur-Tulamben-Sanur »… Cette fois, c’est sur Padong Bay que nous nous dirigeons. Padong Bay est sur la route de Tulamben, mais à seulement ¾ d’heure de Sanur, et sa petite baie abritant une plage de sable blanc la rend populaire et très touristique. Les ferries pour l’île de LomboK, ou les bateaux pour Nusa Penida s’y succèdent, le port étant situé sur l’extrémité droite de la baie. De nombreux cafés et Warung (restaurant) assez pittoresques attirent les différents touristes. Beaucoup de sculptures très variés ainsi que des fontaines originales font partie du décor.


















































Nous embarquons sur une petite vedette de confection locale, pour rejoindre les « Gilli » petits îles habitées ou non, abritant les spots de plongée. La première sera Gili Tepekong. Nous nous équipons à bord du bateau, pendant que Réto fait le briefing de la plongée. Comme d’habitude, je fermerais la palanquée, en ayant à l’œil nos trois clients. La descente est assez rapide, le courant de surface ayant tendance à nous éloigner du rivage. Nous atteignons les 32 mètres, et longeons le tombant. Le courant à cette profondeur nous est favorable, nous nous laissons entraîner, sans fournir d’effort, limitant ainsi notre consommation d’air. La visibilité est correcte, et je peux admirer la vie qui s’exprime, colorée, remuante ou statique, animale ou végétale. Surtout animale. A l’inverse de la surface, où le végétal est omniprésent, dans l’eau, c’est la forme animale qui prédomine. Sous un escarpement rocheux assez prononcé, un requin pointe blanche tourne en rond. Je l’admire un court instant, notant ses formes hydrodynamiques, taillés pour la chasse. Le courant me pousse déjà plus loin, et j’oublie le pointe blanche, émerveillé par la danse de plusieurs espèces de poisson, tous plus colorés les unes que les autres. L’un des clients me fait signe qu’il lui reste 100 bars dans sa bouteille. Nous sommes dans la zone des 20mètres, nous remontons dans celle des 10 mètres, et continuons la plongée. Nous ferons surface après 40 minutes de fortes émotions. Le bateau nous repère grâce au parachute de sécurité. Après un repos récupérateur, pour d’éliminé une grosse partie de l’azote accumulé, et un repas à base de riz, de pâtes de germe de soja séché, et de poulet épicé, nous nous dirigeons sur le spot de la seconde plongée. Cette dernière est la plus belle que j’ai faite depuis mon arrivée à Bali. Un véritable platier s’étend aux environs des 26 mètres de profondeur avec, comme parsemé ici et là, d’énormes pâtés de coraux, tous plus beaux les uns que les autres. L’absence de courant et une très bonne visibilité, nous permet de naviguer de pâtés en pâtés. Les poissons fourmillent de tout part. Certains semblent se quereller, cherchent à défendre leur territoire,  tandis que d’autres se courtisent ou jouent. Je verrais entre autre une tortue, broutant quelques coraux, un serpent de mer qui s’enfouit précipitamment dans le sable, et un poisson perroquet à bosse imposant son énorme corpulence. Ce sera 58 minutes de pur bonheur. Comble de chance, l’instructeur me dira que les excellentes conditions rencontrées, courant, visibilité, ne se voient qu’une ou deux fois par an.

Le lendemain, direction Padang bay à nouveau. Fred et Séverine avec qui j’avais déjà plongé à tulamben, souhaitent découvrir le jardin de coraux de Blue lagon. Nous embarquons donc sur une pirogue locale (jukung). Le site est à 5 minutes. Sans avoir la richesse des fonds explorés la veille, la plongée est riche en couleur. Nous verrons à nouveau une tortue, mais pa s longtemps, celle-ci semble contrarier de notre présence, et nage rapidement hors de notre vue. Un petit poisson-vache, en revanche, se laissera observer à loisir.
Hier, mardi, Fred et Séverine pour leur dernière plongée avant leur retour à Avignon, souhaitaient voir les raies Manta.  Rendez-vous est pris pour un départ en bateau de la plage de Sanur à 07h30. Le temps est nuageux, des averses dégringolent, la mer gronde. Nous naviguons tout de même sur Nusa Penida, en direction de Manta Point. Le cachet avalé avant le départ prodigue ses effets, et je ne sens pas le mal de mer. Au bout de 50 minutes de navigation, nous approchons de la zone où les courants sont les plus importants et les vagues les plus fortes. Le capitaine du navire ne souhaite pas aller plus loin, trop risqué. Tant pis pour les Manta. Nous bifurquons vers le nord de l’île, beaucoup plus abrités. Finalement, nous ferons nos deux sites en légère dérivante, sur une mer abritée et relativement calme. La sécurité avant tout. Sur SD Point, site de la première plongée, Réto emmène Séverine dans la zone des 40-45 mètres. Frédéric n’a pas le niveau pour suivre aussi, je me contenterais de le guider pour une plongée moins profonde, pendant près d’une heure. Nous verrons de beaux nudibranches, parmi le foisonnement d’espèces plus habituels maintenant. La seconde plongée est identique à la première, mais sur un autre site. Nous plongerons tous les quatre ensemble, prenant le temps d’observer par le détail l’œuvre de la nature. Le retour sur Sanur est silencieux, mes trois compagnons dorment. Je regarde nonchalamment le paysage défilé, tandis que mes pensées naviguent à la vitesse de la lumière, à la rencontre de ma femme et de mes enfants chéris, restés à Sérent.

Par jeff56460
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