Mercredi 25 février
2009
Mon matériel est prêt, ordinateur de plongée, boussole, et manuel du « Rescue Diver » bien rangé dans le petit sac à dos très
pratique de chez « Tribort » et dont je ne me sépare plus. Hier au soir, j’ai relu certains passages du manuel de secourisme en plongée bouteille, afin de m’assurer l’assimilation
parfaite des méthodes et mesure à prendre en présence d’un plongeur inconscient au fond de l’eau, ainsi que les gestes à accomplir face aux
différentes blessures du milieu aquatique : morsures, abrasions, coupures, perforation ou piqûres. Comme chaque matin maintenant, je me dirige au Ronald’s Café, où m’attend un petit déjeuner
des plus copieux. Café à volonté, jus de fruits frais pressés, croissant (quelques peu différents de nos bons croissants au beure français), toasts grillés, beurre doux, confitures de fraise,
marmelade d’orange, et surtout une grosse omelette aux pommes de terre, poivron, lard, tomates, aulx, et d’autres ingrédients que je n’ai pas réussi à identifier. Ronald, le sympathique patron
Belge du café, se fait un plaisir à me gaver de grand matin, et pour un prix défiant toute concurrence : 25000rp soit approximativement 1,70€ !!
Il me faut presque 45minutes pour tout engloutir, et je dois faire vite pour rejoindre le centre de plongée, pour une nouvelle fois prendre la
route de Tulamben. Surprise, le programme a changé, je vais toujours à Tulamben, mais pas pour passer mon examen, pour encadrer 3 nouveaux clients qui souhaitent découvrir le site de « drop
off » et celui de l’épave. L’examen est reporté au lendemain. La route commence a être longue et ennuyeuse, pourtant je sais que je la ferais encore bon nombre de fois d’ici la fin de ma
formation. L’un des clients est hongrois, parle un peu d’anglais, suffisamment pour que nous nous comprenions. Les deux autres clients sont français, mari et femme. Nous commençons la première
plongée dans l’enthousiasme, les hommes semblent sûrs d’eux et de leur compétence. La femme est plus réservée. Je me dis qu’il va falloir avoir l’œil sur mes deux loustics. Reto, l’instructeur
prend la tête de la plongée, et moi je ferme la palanquée. J’ai quelques difficultés à équilibrer mes oreilles. En cause un petit rhume qui obstrue mes cavités nasales, et empêche de mettre à la
bonne pression, par le biais de la trompe d’Eustache, l’air contenu dans l’oreille moyenne. Je vais donc prendre mon temps pour descendre, et ne pas risquer un barotraumatisme. Je surveille mes
compagnons de palanquées, qui eux évoluent déjà dans la zone des 18 mètres.
Le hongrois
s’aperçoit soudain que je ne suis pas derrière lui. Il se tourne dans tous les sens, me cherche de partout, sans penser à regarder au-dessus de lui. Il se précipite alors vers Réto, et essaie de
lui expliquer, par maintes gestes inadaptés que j’ai disparu. Réto lève la tête, me voit, me fait le signe conventionnel « OK », je lui réponds par signe que j’ai quelques problèmes
avec mes oreilles. Il en profite pour montrer aux clients, une éponge verte sur laquelle, deux crevettes nettoyeuses ont élu domicile. Il ôte son détendeur de la bouche, laisse cette dernière
grande ouverte, et sous les yeux ébahies de nos touristes, les deux crevettes pénètrent en bouche, et commencent un nettoyage méticuleux des dents de Réto. Cela me laisse le temps d’équilibrer au
fur et à mesure de ma descente, et de les rejoindre. La ballade se poursuit au fil des coraux. Je terminerais la plongée assez rapidement, les deux hommes, ayant consommé une quantité d’air très
importante, il me faut les ramener au rivage. Réto lui poursuit la visite avec la femme. Nous aurons plongé 45 minutes, mes deux compères finissant avec moins de 30 bars, alors qu’il m’en restait
encore plus de 100 !! Les deux autres, feront une plongée de 76 minutes, bien qu’ayant descendu à 34 mètres.
La deuxième plongée sur l’épave ravie tout le monde. Je dois encore une fois rentrer plutôt avec le hongrois, gros consommateur d’air. En fin d’après-midi, tout le monde fait un petit somme réparateur, dans le minibus qui nous ramène à Sanur.
Jeudi 26 février 2009
Cette fois ça y est, l’examen va avoir lieu. Guy est chargé de me faire passer les épreuves. Nous nous rendons à Tulamben pour deux jours. La
matinée du premier jour sera théorique, nous épluchons le manuel, il contrôle mes réponses écrites à la fin de chaque chapitre, apportant quelques éclaircissements ou conseils supplémentaires
lorsque nécessaire. L’après-midi est axé sur la mise en pratique, en commençant par la gestion d’un plongeur fatigué en surface, puis celle d’un plongeur paniqué, en adoptant les différentes
approches et maîtrises de la victime. Je m’en sors parfaitement, malgré les coups tordus mais toujours réalistes que tentera mon « instructeur-victime », comme me grimper dessus, dans
un instant de panique, me faisant alors couler. Au lieu de résister, je me suis laissé descendre, j’ai passé sous lui, puis j’ai refait surface dans son dos, en le maitrisant par la robinetterie
de sa bouteille. J’ai alors pu tranquillement gonfler son gilet, le mettant ainsi en flottabilité positive. Le soir, tout en prenant notre repas, j’ai passé l’épreuve écrite qui consistait en un
questionnaire à choix multiple de 50 questions. J’ai obtenu 100% de bonne réponse, malgré quelques questions pièges.
Le lendemain matin, nouveaux exercices pratiques, puis en guise de mise en situation, j’ai eu à gérer la
disparition d’un plongeur. L’exercice est le suivant : Je suis sur la plage, tranquille, à profiter du soleil pour parfaire mon bronzage, lorsqu’un plongeur me hèle, tout paniqué, hurlant
que son compagnon de plongée à disparu. J’organise le déclenchement des secours tout en enfilant mon scaphandre, et à l’aide de mon binôme imaginaire, rejoint le plongeur paniqué, lui demandant
d’indiquer l’endroit où il a vue son collègue pour la dernière fois. Je descends sur le fond à 18 mètres et entreprends les recherches en faisant un schéma en U à l’aide d’une boussole. Le
plongeur (mon instructeur) est là, inconscient. Je dois le remonter à la surface, tout en veillant à rester en dessous de la vitesse de remontée maximale. Une fois en surface, j’assure sa
flottabilité, appel à l’aide, contrôle ses fonctions vitales, et comme il ne respire plus, je dois le tracter jusqu’au rivage (plus de 50 mètres), tout en lui faisant du bouche à bouche, et en
ôtant son équipement et le mien !! Un vrai sport. Arriver enfin sur la plage, je lui fais deux insufflations rapprochées, et j’ai alors 25 secondes pour sortir de l’eau les 100 Kg de mon
instructeur, qui joue très bien l’inconscience !! Ensuite, reposant sur le sable, je lui prodigue la réanimation cardio-pulmonaire jusqu’à
l’arrivée des secours médicaux. ET VOILA, EXAMEN TERMINE, et réussit avec brio. Nous pouvons rentrer à Sanur.
A mon arrivée, Aya la fille chargée de l’accueil au centre de plongée, me signale que deux français sont passés et souhaitaient me voir. Ils reviendront vers 18h00. J’ai juste le temps de rentrer chez moi, me laver, me raser, me faire beau quoi !! Claire et Thibaud (une nièce à Dédé et Marie-Line, fille de Martine et Roger) sont de passage, et nous dînons ensemble. Ils me racontent avec enchantement les différentes aventures vécues au gré de leur tour du monde, jusqu’à cette étape qu’est Bali. Claire à d’ailleurs passé son open water (1° niveau de plongée) à AMED. Nous passons une bonne soirée au petit marché de nuit.
Samedi 28 février 2009,
Trois biélorusses, ou habitant une proche contrée, et un Strasbourgeois sont au centre et attendent le départ pour l’île de Nusa Penida.
Un «divemaster local », Wadou, est responsable de la plongée. Je dois les accompagner, et m’occuper de Christian le français. Nous embarquons sur l e « Halloween »,
bateau local de 10mètres.
Après deux heures de traversée, nous arrivons à « Manta
point », lieu de notre première plongée. C’est sur ce spot que deux jours après mon arrivée à bali, j’avais involontairement nourri les poissons. Aujourd’hui, la mer est beaucoup plus calme,
et les quelques vagues de 1 à 1,50 mètre ne mettent pas à mal mon organisme. Nous ferons une plongée statique, ne se lassant pas d’admirer ces merveilleux poissons de la même classe que les
requins, les Chrondrichthyes, et possédant un squelette interne cartilagineux. Vous avez tous reconnu la raie Manta. C’est incroyable de voir la grâce avec laquelle elles déplacent leur masse
imposante. Et dire que ces animaux marins, ne se nourrissent que de plancton, organisme microscopique. La seconde plongée, après un petit repas typique balinais, se fera sur le site « SD
Point ». C’est une plongée dérivante, mais avec peu de courant.
Nous avons ainsi tout
loisir d’admirer l’impressionnante diversité de coraux et poissons de ce site. Nous rentrerons en début d’après-midi, non sans avoir pris quelques coups de soleil lors du retour. Dans l’après midi, je retrouve Claire et Thibaud au Ronald’s Café, où nous sirotons une boisson fraîche, tout en échangeant nos sentiments et impressions sur
nos vies d’aventuriers. Ils font plaisir à voir, avec leur jeunesse, leur confiance en eux, mais aussi la maturité nécessaire à ce genre de voyage. Nous nous retrouverons à nouveau le lendemain,
dimanche, avant leur départ pour Kuta dans un premier temps, puis l’Australie ensuite.
Je rentre chez moi, où je vais faire connaissance avec Julie, nouvelle stagiaire du centre de plongée, et qui loge la chambre à côté de la mienne.
Nouveaux baptêmes effectués, le
rituel commence à rentrer maintenant, bien que chaque baptême peut être différent, car fonction de l’aisance des baptisés. La théorie reste la même bien sûr, ainsi que les exercices pratiques. Je
commence à connaître de mieux en mieux le site de Tulamben et ses spots de plongé. Le spot concernant l’épave de l’USAT Liberty renferme encore quelques secrets pour moi, car, reposant entre 8
mètres et 30 mètres de fond, chaque plongée a été différente à ce jour. L’USAT Liberty, cargo américain et armé lors de la seconde guerre mondiale, fût torpillé par les japonais au large de
Lombog. Il fut remorqué, malgré les avaries, pour sa cargaison de caoutchouc et de rails, jusque sur les côtes de Tulamben. C’est en 1963, que suite à l’éruption du volcan Gunung Anung, il se
brisa et glissa dans les fonds où il repose actuellement. La faune et la flore aquatique qui se développent autour de l’épave font la plus grande joie des plongeurs, tous niveaux confondus. Il
n’est pas rare de croiser le chemin du vieux barracuda, qui prend alors la pause, telle la grande star des lieux.
Deux très gros mérous viennent également paresser en ces lieux. L’œil attentif et aguerri du plongeur calme, prend plaisir à rechercher les plus petits éléments,
jusqu’à avoir le plaisir d’observer de merveilleux nudibranches. En fin de plongée, alors que nous remontons vers les 5 mètres pour effectuer le palier de sécurité de 3 minutes, nous admirons un
banc de carangues, tourbillonnant, virevoltant, nous frôlant. Pour finir, je nage jusqu’au cœur du banc, c’est magique. Loin de s’effrayer, les carangues continuent leur ballet, me donnant
presque le tournis.
Le courant est très fort, inutile de palmer, ou alors à contre-courant pour se freiner. Un moment, nous nous agrippons à des rochers, histoire de faire une pause.
Il faut forcer pour ne pas être emporté. Je mesure pleinement la force que peut avoir la mer. Nous ferons surface, près d’un kilomètre après la mise à l’eau. Le parachute gonflé, le bateau qui
avait suivi nos bulles depuis la surface, ne tarde pas à nous récupérer. Les fonds étaient splendides, tapis de coraux et de végétaux divers. Je n’ai pas pris le risque de faire des photos dans
ces conditions. La deuxième plongée sera moins sportive, bien que dérivante quand même.
Aujourd’hui, pas de plongée. Je vais
quand même au centre, histoire de me connecter, et d’étudier. Guy est là, et il me propose d’aller faire un tour à Denpasar. Je laisse mon bouquin de côté, et grimpe dans son véhicule qui n’est
certes pas de toute première jeunesse, mais qui roule bien. Nous passons devant plusieurs grands édifices, dont l’un fût érigé à la mémoire des princes balinais qui, lors de l’invasion de
Denpasar en 1906, préférèrent une lutte jusqu’à la mort, et même le suicide, plutôt que la reddition.
L’après-midi sera studieuse. J’ai
terminé la lecture du livre « Rescue Diver », rempli l’ensemble des tests de connaissance, et visualisé le DVD. Je suis fin prêt pour passer mon examen dès demain. Pour cela, et pour
garder les bonnes habitudes, départ pour Tulamben à 07h30. C’est Guy qui est chargé de me faire passer les tests écrits et pratiques. Pour cela, je resterais deux jours sur place.
J’ai passé ma deuxième journée de
repos forcé à errer dans les rues de Sanur, telle une âme en peine. La tête embrouillée par des réflexions très personnelles. Ce n’était pas ma journée décidément. Avec ce foutu mal d’oreille,
avec mes pensées vagabondes, j’étais tellement distrait que je n’ai pas trouvé mieux que de me fouler la cheville droite. Décidément, du même côté que l’oreille. Je vous ai déjà parlé des
trottoirs de Sanur, jonchés d’offrandes qu’il vaut mieux éviter pour ne pas offenser ses habitants, mais je ne vous ai pas précisé qu’il vaut également mieux regarder où l’on pose ses pieds, afin
d’éviter les nombreux trous ou déformations qui les caractérisent . Je ne vous en avais pas parlé, et je n’ai pas regardé.
Ce n’est pas ma journée décidément. Avec ce foutu mal d’oreille, avec mes pensées vagabondes, avec ma cheville
foulée, j’ai décidé de continuer ma ballade en scooter. Je vous ai déjà parlé de la circulation balinaise, mais je ne vous ai pas expliqué la façon de prendre les ronds-points. Je ne l’ai pas
fait, car finalement chacun fait comme il veut, dans le sens qu’il veut !! Résultat un balinais en scooter lui-aussi
Non, pas leur langage, le choc du scooter ne m’a pas inculqué le bahasa indonésia, la langue nationale, mais vu les
gestes qu’ils font, ils racontent que c’est forcément moi le coupable. Après une rapide analyse, je me dis que nous ne sommes pas en Afrique, que je ne risque donc pas la lapidation, qu’au pire
je devrais payer les quelques marchandises cassées. Je fais donc
marcher dans le sable. Cela est bon pour les pieds
et l’articulation de la cheville. Heureusement, aujourd’hui il fait beau, il ne pleut pas. Il y a d’ailleurs quelques badauds comme moi, soit à marcher, soit allonger, soit à jouer. Les jukungs
ou prahus (pirogues indonésiennes à balancier) sont toujours au mouillage, ce n’est pourtant pas marée basse. Ce ne doit pas être une bonne heure pour la pêche.
Je continue ma ballade, prenant quelques photos de la proue typique des pirogues. « Massage,
massage ». Ce sont deux balinaises qui m’interpellent. Vu leurs âges avancés, il n’y a pas de danger pour que ce soit le « complète massage » proposée par de beaucoup plus jeunes
filles, souvent originaire de Java, et qu’il vaut mieux fuir, du moins à mon avis. Je les remercie gentiment dans un premier temps, puis à la réflexion, je me dis que cela ne devrait pas me faire
de mal, vu la mauvaise journée que je viens de passer. Pour 50 000 rp (3,30€)
Ce matin, mon otite me faisant
moins souffrir, et la marche dans le sable ayant amélioré le déroulé de ma cheville blessée, je suis retourné au centre, où m’attendais Reto, le moniteur suisse. Comme cela devient habituel,
départ pour Tulamben. Cette fois, deux baptêmes de plongée sont au programme. Je ne prends pas mon appareil photo, Reto à le sien, et je vais devoir surveiller, voir guider nos deux apprentis.
Après le traditionnel tour en piscine, pour le B.A. BA, nous ferons une première plongée dans un peu plus de 7 mètre d’eau, ce qui sera tout de même suffisant pour voir nager les requins pointes
noires.
La deuxième plongée à 12 mètres, nous emmène au-dessus de l’épave. La vie
aquatique est alors un vrai régal. Un énorme et vieux barracuda se laisse approcher et photographier. Il est vraiment impressionnant.
Un peu plus loin, à genoux sur le fond sableu, ce sont les poissons chirurgiens qui
virevoltent autour de nous. Je profite pleinement du spectacle, sans lâcher mon client. Ce n’est pas si facile de guider quelqu’un qui remue dans tous les sens, qui ne sait bien sur pas gérer son
gilet stabilisateur, qui monte, qui descend parce qu’il ne gère pas non plus sa respiration. Mais je me débrouille bien. Reto me confie même son client pour qu’il puisse faire quelques photos
souvenirs, qu’il me donnera gentiment au retour, avec sa permission pour en publier quelques unes.
Donc, ce matin, réveil naturel, vers
les 08h00, petit déjeuner au « Bagud Café », lieu maintenant habituel de mon rendez-vous matinal. Assis à la terrasse, je sirote tranquillement mon jus de fruit, un mélange d’orange et
de citron vert. Le beignet banane chocolat est tiède, et accompagne pas si mal le café balinais.
Deux femmes (ou jeune fille plutôt) et un homme fond tourner les machines, ou
utilise le fer à repasser. Je pourrais récupérer l’ensemble de mon linge vers 18h00, et le tout pour moins de 2 euros.
Mes yeux ne se sont pas encore lassés de voir les différents paysages. Je sens pourtant déjà, que petit à petit, à force de faire le voyage, je ne verrais plus les choses de la
même façon. Les quelques photos prises ne sont pas très bonnes, pas facile dans le minibus qui roule.
Les plongées se passent bien, Cécile est à l’aise dans l’eau, ce qui est
un avantage. Le lendemain, changement de programme, un autre groupe arrive du centre, avec 4 plongeurs, et je vais devoir les encadrer pour deux plongées avec Kadek, Divemaster balinais du
centre. Un italien, deux italiennes et une chinoise forment le groupe. Aucun ne parle français, et j’ai quelques difficultés à dialoguer, vu mon anglais limité, et leur fort accent qui déforme
les mots. Question niveau de plongée, aucun problème, ce ne sont que des plongeurs certifiés, une des italiennes (très jolie fille au demeurant) est même instructeur.
Nous ferons deux belles plongées, la première sur l’épave, et la seconde au-dessus d’un tombant (fosse marine),
avec de beaux coraux sur ses flancs. Sur le retour, la pluie a encore trouvé indispensable de nous accompagner. En sortant du bus, les précipitations sont telles, qu’en moins de 15 secondes, je
serais aussi trempé que si je venais de sauter dans une piscine tout habillé.
Les unes vendent des fruits de saison, ananas, lychees, pastèques, melon d’eau, oranges, citrons et papayes. Sans oublier les fameux mangoustans. Les autres des CD de
musique (piraté), des babioles ou des tissus, même la lingerie fine trouve sa place sur ces étals. Je fais rapidement le tour, y croise les clients de ma première sortie à Tulamben. Ils restent
encore quelques temps, avant de continuer leur tour du monde. Le père tient à prendre mon adresse email, il a vraiment été ravi de ma prestation à ses côtés. Cela me flatte. Une lumière vive,
issue d’une ampoule économique, crée des ombres au fur et à mesure de ses balancements. Les boutiques sont toutes recouvertes de bâches bleues, les mettant à l’abri des nombreuses pluies.
Attention de ne pas se prendre une douche avec les immanquables poches d’eau qui se créent. Les odeurs sont également omniprésentes, odeurs de nourriture principalement, car le centre du marché
est occupé par de nombreux « warung » restaurants locaux très typiques. Je me faufile entre eux, essayant de repérer celui qui me donnera le plus envie.
Contrairement aux petits restaurants africains similaires, la nourriture asiatique ne fait pas fuir, ses
couleurs, ses mélanges de légumes, ses parfums, m’attirent invariablement. Je jette mon dévolue sur une boutique tenue par une jeune balinaise. Un petit support plat en osier tressé sur laquelle
on dispose un fond de papier cartonné sert d’assiette. Une bonne cuillérée de riz, quelques brochettes de poulets épicées, des petits morceaux de
nfin à destination,
et prenons possession de nos chambres. Nous sommes ici, Reto, un suisse allemand moniteur de plongée, et moi, pour faire passer le niveau « advanced open water » (niveau 2 de plongé du
système PADI) à un père et son fils. Ces derniers originaires de Paris, arrivent de Nouvelle-Calédonie, seconde étape de leur tour du monde.
Lors de la plongée de nuit, il faudra même que je lui tienne la main pour le rassurer. Il est
vrai qu’être dans un milieu qui n’est pas le nôtre, avec comme simple appareil respiratoire un détendeur et une bouteille, et une simple lampe torche au halo un peu faiblard, il y a de quoi
stresser !! A un moment nous nous sommes posés dans le fond, nous avons éteint nos lampes, et dans le noir absolu, nous avons agité vivement nos mains. Une multitude de petits points
éclairés, telles des lucioles ont alors virevoltés au gré de nos mouvements. C’est le plancton qui réagit ainsi. Rien que ce spectacle valait de faire cette plongée de nuit.
Je m’approche, il est très près d’une gorgone rosâtre, du bout de son index, il me désigne quelque chose accroché à une des ramures de la gorgone. Je m’approche
tout près, et enfin j’aperçois ce minuscule hippocampe pygmée. C’est à peine croyable. En fait A l’œil nu, on ne distingue pas les détails de l’animal, il ne mesure qu’à peine 2cm.