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SANUR, mardi 10 mars 2009
Il est minuit Jeff le plongeur !! L’insomnie est présente. Le bruit de la pluie qui tombe et les aboiements incessants de chiens errants
ne m’aident pas à trouver le sommeil. De plus je culpabilise. Voici maintenant 5 jours que je n’ai pas écrit une ligne. Un peu de flemme, un manque de volonté, la fatigue qui s’installe petit à
petit, et les mots qui ne viennent pas. Allez, c’est dit, je ne dormirais que cet article terminé.
Les épreuves ont commencées, ce vendredi 06 mars. Peu de client en ce jour, juste Julie, venu comme moi pour deux mois, et qui débute la
plongée. Guy va se charger de lui faire passer ses premiers brevets. Réto me propose de nous rendre à la piscine d’un grand hôtel situé à l’extérieur
de Sanur, et de passer les premières épreuves du brevet de Divemaster. Edi et Wadou, deux balinais salariés d’Atlantis nous accompagnent, et participent également aux épreuves. Après avoir
franchi le hall d’entrée où séjournent à jamais de très belles statues métalliques, nous suivons un chemin sinueux, laissant de part et d’autres les « chambres-bungalows de l’hôtel »,
et nous conduisant à la piscine. Cette dernière est particulière. Telle une petite rivière qui serpente, c’est un ruban d’eau qui déroule ses 100 mètres limpides. Quelques ponts l’enjambent,
reliant les chambres alentours. Sa largeur ne dépasse les 3 mètres, et sa profondeur varie, du mètre à la source au 4 mètres de sa fosse finale. Le premier test consiste en un 400m chronométré,
nage libre. Wadou le fanfaron me défie à la course. « Bali VS France » me dit-il!! Edi pas sur de lui ne dit mot. Je relève le défi. Top départ, après un superbe plongeon et un
crawl actif, Wadou prend la tête, je tente de suivre, mais m’aperçois bien vite qu’à se rythme, je n’irais pas au bout des 400 mètres. Je ralentis et prends un rythme un peu plus lent qui me
convient mieux. Après avoir viré à mi-course, Wadou est en vue, il a un peu présumé de ses forces. Je garde le rythme, et le dépasse. 1 à 0 pour la France. Seconde épreuve, 800 mètres avec palmes
mas
que et tuba, seule la
propulsion des jambes compte, interdit de se servir des bras. Wadou compte prendre sa revanche. Je ne lui en donnerais pas l’occasion, prenant l’avantage dès le départ, je ferais le forcing
jusqu’au bout. 2/0 pour la France. Wadou abandonne, il ne finira pas les épreuves. L’épreuve suivante, consiste à démontrer sa flottabilité, en restant sur l’eau, sans nager pendant 15 minutes,
dont les deux dernières avec les bras relevés. La quatrième est un 100 mètres chronométré en tractant ou poussant (on a le choix) un autre nageur. Le minimum de point à obtenir sur l’ensemble de
ces 4 épreuves est de 12/20, j’obtiens 16. Après un court repos, nous enchaînons par un ensemble de 20 exercices de base pour la plongée, comme la préparation de l’équipement, le vidage du masque
sous l’eau, la remonte d’urgence contrôlée, etc... Il ne s’agit pas s
eulement de réaliser parfaitement ses exercices, mais encore faut-il en faire la démonstration, les décomposer en faisant bien ressortir
chaque points particuliers, chaque phases critiques. Plus tard, devant les élèves plongeurs, nous aurons un rôle de modèle, et c’est avec aisance que nous devrons démontrer tous ces exercices. Au
final, j’obtiens la note de 84/100, ce qui au dire de Réto l’instructeur, est une excellente note.
Le lendemain, direction Tulamben. J’effectue deux plongées avec Réto sur un nouveau site. Armés d’un décamètre, d’une boussole, d’une
plaquette immergeable et de mon profondimètre, je dois réaliser un relevé topographique, afin d’effectuer par la suite une carte sous-marine. La première plongée durera 74 minutes. J’effectuerais
60 relevés espacés de 5 mètres, en notant pour chacun le type de fond rencontré, la profondeur, et les points caractéristiques du secteur exploré. La seconde plongée, me permettra de terminer mes
relevés. Au final, c’est une zone de plus de 3500m² que j’aurais détaillé par secteur de 25m² chacun, pour une profondeur variant de 20 à 5 mètres.
Je passerais les ¾ de mon dimanche à retranscrire mes données sur du papier millimétré, à l’échelle, afin de réaliser une carte marine du secteur exploré.
Lundi, 3 nouveaux clients ont l’intention de visiter l’épave de l’USAT Liberty à Tulamben. Je fais partie du voyage, avec Guy. L’épave est
toujours aussi intéressante à visiter, la faune toujours aussi diversifié. Le niveau correct des plongeurs me permet de me consacrer un peu à la photo. Je n’ai pas besoin d’être constamment près
d’eux. J’ai quelques difficultés à maitriser tous les paramètres. Le flash déporté ne m’apporte pas la lumière nécessaire, les tons sont froids, seul le bleu et le vert paraissent. Après
plusieurs réglages, je finis par obtenir de bons résultats. Je va
is pouvoir
faire de beaux clichés. Je m’inquiète de la consommation de mes clients. 100 bars pour chacun, sauf Pierre à qui il reste 90 bars. Pas de problème, nous pouvons continuer d’explorer l’épave,
scrutant chaque parcelle à la recherche du moindre organisme vivant original. Je me retourne, et aperçois un beau requin pointe blanche nageant à quelques longueurs. Il disparaît presque aussitôt
dans le bleu profond de l’océan. Soudain Guy attire mon attention, il vient de vérifier l’air de Pierre, et me fait signe qu’il n’a plus que 50 bars !! Impossible et pourtant vrai. Pierre à
menti sur sa consommation, lorsque je lui ai demandé juste avant. De l’inconscience. Nous sommes encore à 2
3 mètres de profondeur. Il ne me reste plus qu’à lui donner mon octopussy (détendeur de secours) et
remonter dans la zone des 5 mètres faire le palier de sécurité. Arrivée dans la zone, je lui indique de reprendre son détendeur, et de respirer à nouveau sur sa bouteille. Nous finirons ainsi
cette plongée. Guy et les deux autres clients nous rejoignent presque aussitôt. Nous faisons la seconde plongée devant l’hôtel Matahari, ou s’étale un vrai jardin de coraux. A l’issu, Sonia et
Olivier souhaitant replonger dès demain, Guy planifie une sortie à Padang Bay.
Il est 8h00 ce mardi matin, Sonia et Olivier sont présents, et après la vérification du matériel, nou
s embarquons dans le minibus. Aujourd’hui, je serais avec Kadek, divemaster local pour encadrer cette
sortie. Premier site visité, Jepun. Une structure artificielle à été déposé par 20 mètres, attirant la vie aquatique. Une épave de bâteau de pêche git également à cette profondeur. Elle est trop
récente pour abriter une faune importante. Deux rascasses volantes ont tout de même élu domicile. Un poisson vache joue avec mon objectif. Après un repas original et goûté, direction « Blue
Lagoon », site de la seconde plongée. C
e site porte bien son nom, avec
ses pâtés de coraux disséminés sur du sable blanc, et une eau turquoise. Cela est assez rare à Bali, le sable étant plutôt noir, car d’origine volcanique. Un petit courant contraire nous demande
de faire des efforts, mais ne nous empêche nullement de contempler un joli poisson scorpion feuille jonché sur son lit de corail, ou une murène ruban
juvénile. Cette dernière est noire avec une rayure jaune sur le dessus, alors qu’adulte elle devient bleue et conserve sa rayure jaune.
C’est fatigué que je finirais cette plongée.
Il est 01h30 Jeff le plongeur. La pluie a cessé, les chiens se sont tus, et mes yeux s’alourdissent. Je devrais m’endormir maintenant.
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