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SANUR, jeudi 26 mars 2009
Le temps passe inexorablement, égrenant indifféremment les fractions de vie que nous nommons « seconde ». Rien de plus régulier que chacune de ces secondes passées ou à venir, rien de plus monotone aussi. Pourtant chaque seconde renferme en elle, et pour tout individu, la suite logique de sa vie. Ainsi, pour tout un chacun une seconde peut paraître si courte ou si longue, suivant le bonheur ou la souffrance qu’elle renferme. Le temps passe inexorablement et nous n’avons aucune pression sur lui. Ce qui est passé est passé, ce qui est l’avenir sera bientôt le passé. Aujourd’hui je voudrais posséder un levier, ralentir ce temps qui passe, profiter plus longuement du bonheur présent. Mais en même temps, quelqu’un d’autre de par le monde souhaiterait posséder un accélérateur. Le temps passe inexorablement, et c’est tant mieux que l’on ne puisse le modifier.
Voici trop longtemps que je ne vous ai narré mes aventures, alors allons-y….
Aujourd’hui c’est
« NYEPI » ! Quel est ce vocable étrange, et que cachent ces 4 lettres ? Tout d’abord NYEPI est la fête balinaise la plus suivie, de gré ou de force… Pour NYEPI, toutes formes
visuelles extérieures de vie s’arrêtent à BALI. NYEPI est une fête exceptionnelle, celle du silence et du recueillement. Mais commençons par le commencement.
Mercredi 18 mars 2009
Il est 06h00 du matin, je monte dans le minibus accompagné de Reto et de deux clients du centre de plongée, direction l’ouest de Bali. Il nous
faudra quatre heures de route pour atteindre « Gili Gemanuk », premier site de plongée de notre safari de quatre jours. La circulation est fluide, bien plus que d’habitude. Trop fluide
pour être normale. Les balinais et balinaises que nous croisons, en plus de leur sourire habituel, arborent de beaux costumes, blancs pour la plupart. Ils sont occupés à dresser, devant chez eux,
une grande canne de bambou, subtilement décorée de feuilles de pandanus tressées ou roulées. A l’extrémité de chacune pend une chaîne dont les mai
llons sont également en pandanus. Un genre de plumeau tressé est alors suspendu à la chaîne. A la base du
« Penjor », nom de la canne de bambou, à hauteur d’homme, est fixé un petit hôtel, toujours en pandanus, renfermant les offrandes destinées
au dieu Indra. Et oui, ce 18 mars est jour de fête à Bali : « GALUNGAN ». La fête la plus importante de l’année suivant le calendrier Balinais qui compte 210 jours. La fête
commémorative de la victoire du bien sur le mal, la victoire du dieu Indra sur Mayadenawa, horrible roi athée et mythique, qui tenait sous sa coupe Bali, interdisant d’honorer Dieux et
ancêtres.
Pour notre part, nous ne changeons rien au programme, et effectuons nos deux plongées dans des eaux relativement sales, peu profondes, où gisent plastiques et détritus divers. Peu engageant de prime abord !! Et pourtant ce seront deux plongées fantastiques, pour qui sait apprécier la diversité de la faune aquatique. Je verrai tour à tour, quantité de nudibranches et limaces différentes, plus belles les unes que les autres, des oursins de toute beauté, faisant onduler leurs piquants, telles d’innombrables échasses afin de se déplacer. Des crevettes de deux centimètres, orange rayée de blanc, d’autres bleues. Un poisson grenouille reposant sur ses deux nageoires inférieures osera se montrer en compagnie de deux hippocampes. Et bien d’autres créatures, aussi belles qu’étranges.
Pour la suite du safari, nous
accueillons trois nouveaux clients, et rejoignons PERMUTERAN. Nous prenons le bateau pour effectuer
deux plongées aux abords de l’île de MANJANGAN. Les eaux sont limpides, les coraux étalent leur diversité et leur beauté. Un napoléon, deux tortues viendront égayer la sortie. Après une bonne
nuit de sommeil, direction TULAMBEN, site maintenant très connu, pour faire découvrir l’épave. Nous ferons une plongée de nuit pour commencer. La nuit est bien noire, et nous nous mettons à
l’eau. Le faisceau de nos lampes balaye les fonds sableux, à la recherche de tous organismes vivants, animaux ou végétaux. C’est encore plus fantastique de nuit que de jour. Sans être
véritablement angoissant, l’obscurité et le silence créent une ambiance particulière. Un gros mérou marron semble me suivre, profitant de ma lampe pour chasser. J’éclaire deux poissons
trompettes, qui semblent pétrifié par la lumière. Soudain le mérou jaillit, ouvrant grand sa gueule démesurée, engloutissant d’un seul coup la moitié d’un des deux poissons trompettes. L’autre
moitié s’agite un instant puis se fige, pour être à son tour avalée. Je verrai aussi plusieurs énormes poisson-perroquets, semblant dormir à l’abri de l’épave. Le safari se termine le lundi 23
mars, par des plongée
s sur NUSA PENIDA, en compagnie des raies Manta. Le lendemain, pas
de plongée pour moi...
Je me fais beau, me rase de près, enfile une chemise bleue ornée de motifs locaux, et me rend à DENPASAR, à l’aéroport, pour accueillir ma petite femme chérie. Elle apparaît, resplendissante bien que fatiguée, avec à ses côtés un porteur balinais tirant son unique valise. Dans l’après-midi, je lui fais découvrir non seulement la rue principale de SANUR, mais aussi son nouveau moyen de locomotion, le scooter. J’aime bien la sentir se coller dans mon dos, les mains croisées sur mon torse…
Le lendemain, nous décidons de nous rendre à KUTA, petite ville très touristique au sud de SANUR et DENPASAR. La plage de sable blanc est
immense. De nombreux surfeurs rivalisent d’audace et de prouesse pour dompter les gros rouleaux qui déferlent sur la plage. Le bord de plage ressemble à nos centres balnéaires, grouillant de
touristes et de cafés en tout genre. Rien
qui nous attire vraiment, trop bruyant, trop trépident, trop…européens !! Ce n’est pas pour cela que nous sommes ici. Pas pour cela que nous avons roulé sur notre
scooter, nous faisant arrêter par un policier zélé. Défaut de casque… pour la passagère. Il n’a pas l’air de rigoler, et pense surement pouvoir me soutirer quelque argent. Usant d’une tactique
déjà éprouvée l’avant-veille avec le collègue photographe, nous faisons les sots et les ignares. Ignorance de la langue indonésienne, c’est sur, et ignorance de l’anglais. A force de lui dire que
nous ne parlons que français, et que malgré nos efforts nous ne le comprenons vraiment pas, il abandonne bien malgré lui, tout en nous faisant part de son mécontentement et de nos responsabilités
à rouler ainsi. Alors pourquoi être venu jusqu’à KUTA ? La réponse est simple : « pour voir les ogho- ogho ! ». Voilà qui nous ramène au début de cet article, et à la
fête du silence NYEPI. NYEPI est le premier jour de l’année. La veille, à partir de la nuit tombée, les balinais font défiler dans les rues des monstres de papiers mâchés, les fameux ogho-ogho.
Ces monstres symbolisant les esprits malfaisants, s’affrontent entre eux aux différents
carrefours de la ville. Les ogho-ogho, montés sur des bambous sont remués en tous sens, au rythme de l’orchestre de gamelan, instrument de musique local. Les mauvais esprits sont alors heureux
d’être ainsi fêtés. Le lendemain, a lieu la fête unique en son genre de par le monde, NYEPI. En effet pendant toute une journée, toute vie s’arrête sur l’île. Les commerces, les banques sont tous
fermés, même l’aéroport est fermé. Plus aucune voiture, plus aucun scooter, plus une seule personne ne sort dans la rue, plus aucune activité perceptible. Tout le monde reste chez soi, pas le
droit d’allumer la lumière, de faire du bruit, etc… La journée du silence et du recueillement!! Le but est de ne donner aucun signe de vie aux esprits malfaisants, qui n’ont ainsi pas d’autres
solutions que de quitter l’île.
Pour cette journée, j’ai loué une
chambre dans l’un des plus prestigieux hôtels de SANUR, qui offre une prestation certes limitée, mais qui nous aura permis de passer une journée somme toute bien agréable, à lire, bronzer, jouer
aux échecs, et même profiter de la piscine… mais chut, ne le répéter pas, les mauvais esprits pourraient vous entendre…
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ps : NYEPI, il y a 4 lettres? En occident on en compterait plutot 5. Je comprend mieux les 95% de réussite...
Je viens juste d'apprendre par brigitte(qui est venu nous couper les cheveux) de l existence de ton blog.
Apparemment tout ce passe bien pour toi.
Donne le bonjour à christine et a un de ces jour.
Je vous souhaite un bn séjour à tous les deux. Je n'ai aps été susprise de voir que tu avais réussi tes examen car tu vas toujours au bout de ce que tu entreprends avec succès.
Maman vous fait de gros bisous à tous les deux. A bientôt.
Mise à l'eau cette semaine, à bientôt les araignées, étrilles et bars suicidaires...
Bisous @+ Gali JUJU
A bientôt gros bisous de nous quatre
et continuer bien votre voyage tous les deux avec le soleil et l'eau bleue. Profitez-en!!!!
Je vous embrasse
Brigitte
Ps: vous pouvez appeler svp?!
Quel bonheur de fêter ses 20ans avec son chéri dans un tel site.
Bisous à vous 2
Bon voyage retour
Gali Juju