Partager l'article ! Fin du voyage, début d'un rêve: Le paysage a complètement changé. Plus de mont AGUNG à l’horizon. Ce beau et fier volcan trônant et d ...
Le paysage a complètement changé. Plus de
mont AGUNG à l’horizon. Ce beau et fier volcan trônant et dominant majestueusement Bali. Tantôt enrubanné d’une auréole nuageuse, il donne l’impression de se protéger du froid et de la grisaille
de certains matins. Tantôt baigné d’une lumière radieuse, il s’étire, gueule ouverte, laissant admirer les formes très découpées de son cratère. Deu
x images de cartes postales, deux images qui ne sont plus que souvenir dans ma mémoire. Le paysage a changé, et ce matin je ne
vois que culminer, au milieu des champs de la Beauce, de grands et modernes moulins à vent. Leurs pales géantes tournent lentement, invariablement, suivant un rythme hypnotique, tel un métronome.
Les éoliennes et l’immensité des plaines qui défilent me laissent un peu d’amertume au cœur. Les palmiers, les junkungs et la mer de Bali me manquent déjà. Le TGV file en direction de Rennes, le
wagon de 1° classe est rempli. Personne n’à le sourire, personne ne se parle, chacun est concentré sur son ordinateur portable, chacun dans son monde, le monde du stress, du travail, un monde où
l’on oublie de vivre, où l’on ignore son voisin. Christine dort à côté de mo
i, le décalage horaire et la fatigue du voyage ont eu raison de ses sens. Le paysage continue de défiler, et je ferme
les yeux. Dans ma tête défile les évènements de cette dernière semaine. Semaine faite de bonheur, de découvertes, de beauté et de plaisir.
Nous avons alterné les journées, mêlant ainsi la culture et la plongée. Après notre journée de repos au SANUR Beach Hôtel, pour NYEPI, nous
avons pris le bateau pour nous rendre sur NUSA PENIDA. « Christal Bay » est le premier site que Christine a découvert. Nous nous sommes mis à l’eau tous les deux, je suis fier d’être
son Divemaster, son guide. Christine apprécie aussi cette intimité sous-marine, cette complicité. L’eau est chaude et le sable blanc reflète les rayons du soleil aspergeant de
sa lumière différentes sortes de coraux et la multitude de poissons colorés qui nous réjouissent. Nous ferons
une première plongée tranquille, sans complication, une plongée de réadaptation. La seconde se passe sur le site de « Manta Point », première observation des soucoupes volantes marines
pour Christine, et premier requin aussi. En effet, un requin d’un mètre cinquante n’a rien trouver de mieux que de chasser sous nos pieds, à moins de deux mètres. Même pas peur…
Notre première sortie touristique nous mène pour la journée dans la région de BEDUGUL. Nous avons loué une voiture avec chauffeur. Meilleure
solution pour qui ne veut pas s’embêter avec un itinéraire aux panneaux indicateurs aléatoires, des policiers trop zélés, et des polices d’assurances qui n’assurent rien du
tout. Made, notre chauffeur, se fait un plaisir de nous compter, en anglais, maints détails sur la culture de son
pays. Les champs de riz se succèdent, tous parcellés, tous d’un vert intense et varié. Vert tendre des jeunes pousses, vert émeraude des plants plus murs, vert bouteille en fin de croissance, et
enfin vert paille juste avant la coupe. Au détour d’un virage, des femmes courbées, portant le chapeau tressé du paysan asiatique s’agitent dans le champ. Dans un même rythme, elles soulèvent des
brassées de plants de riz à maturité et les fouettent sur une planche de bois oblique. Sous la violence des coups, les grains de riz jaillissent et se répandent sur une bâche bleue recouvrant le
sol.
La route est de plus en plus sinueuse, et
nous bifurquons à gauche, empruntant un asphalte vieillot et à peine plus large que notre voiture. Nous longeons le mont BATUKARU, autre volcan de Bali culminant à 2271 mètres. Aux abords de
« JATILUWIH », ses flancs ont été sculptés par la main de l’homme depuis des siècles. Pas une parcelle exploitable n’est laissée à l’abandon. Une multitude de rizières en terrasse,
savamment et artistiquement disposées, au système d’irrigation ancestral et sophistiqué, forment ainsi un paysage de toute beauté.
Nous continuons notre route, Près du sommet s’étend trois lacs de montagne. Le premier, le lac BERATAN baigne le temple
« Ulun Danu Bratan ». La beauté de Bali n’est pas que marine…
Après une nouvelle journée de plongée à PADANG BAY, à admirer une multitude d’espèces marines, Batfish, nudibranches, crevettes nettoyeuses, poulpes, squilles, poissons coffre, tortue, etc. nous
établissons le programme de notre prochaine visite. Ce sera UBUD et sa région. Changement de véhicule, chan
gement de chauffeur. Wayan parle un peu le français, ce qui est assez rare à Bali. Wayan, tiré du mot wayahan, signifie « l’ainé ». Seul quatre prénoms existent à
Bali, donnés indifféremment à un garçon ou à une fille, et leur signification indique l’ordre de naissance. Wayan est donc le premier né, le second s’appelle obligatoirement Made (qui
signifie : moyen), le troisième Nyoman (le petit) et enfin le quatrième Kettut (la fin). Mais comme dans la pratique, les parents continuent de
donner naissance, alors pour le cinquième, on reprend tout au début, Wayann, puis Made, etc. Quelques synonymes sont parfois utilisés à partir du cinquième : pour Wayan : Putu et Gede,
pour Made : Kadek et Nengha, pour Nyoman : Komang. Pourquoi se compliquer la vie ? … La beauté de Bali s’exprime aussi dans la simplicité.
Avant d’arriver à UBUD, nous profitons
d’un spectacle de danse. Sur scène, les acteurs aux costumes aussi colorés et brillants que volumineux, nous comptent l’opposition entre les forces du bien représentées par la créature mythique du « Barong », et celles du mal qu’incarne Rangda, reine des
sorcières. Comme dans la culture balinaise, ses deux forces coexistent, il n’y aura pas de vainqueur ni de vaincu, Barong et Rangda, deux créatures condamnées à se côtoyer et à régir nos vies. La
ville d’UBUD et son marché ne nous laissera pas de souvenir impérissable. Le capharnaüm des boutiques, le
urs entassements et les quantités d’objets touristiques n’ont rien de vraiment typique, et semblent dérivés des marchés
africains. Il faut rechercher la culture à l’extérieur de la ville, dans les villages, là où opèrent les divers artistes en tout genre, sculpteurs sur bois ou sur pierre, peintres, tisseurs… La
beauté de Bali n’est pas que marine ou terrestre, elle est aussi dans sa culture, dans ses croyances et dans la relation de ses habitants à leurs
croyances.
Il est 07h30 du matin en ce dernier jour du mois de mars. Le soleil nous réchauffe déjà, nous obligeant même à rechercher un peu d’ombre. Le
minibus qui nous conduira à TULAMBEN est déjà là, le coffre ouvert, attendant d’y recevoir les sacs et bouteilles de plongée. Après deux heures de
route, nous franchissons l’étroit passage qui sert d’entrée à l’hôtel « Matahari », renfermant un espace spécialement aménagé et dédié aux plongeurs. Après une première plongée sur
« Drop off », et un déjeuner
rapide, j’emmène Christine pour sa première visite de l’USAT Liberty. Nous tenterons d’apercevoir par 28 mètres de fond, fragilement attaché à sa gorgone, un hippocampe
pygmée. Il est si minuscule qu’il nous faudra cinq bonnes minutes à détailler l’arborescence de la gorgone avant de le distinguer. C’est Guy qui le trouve et nous le montre.
Les journées passent très vite, nous flânons dans les rues de SANUR, sirotant des jus de fruit frais aux terrasses des cafés, d
égustant un poisson grillé sur la plage, ou profitant du bien être d’un massage balinais. Nous visitons
aussi le « Bali Orchid garden » à la sortie de SANUR, renfermant sur plus d’un hectare, une collection impressionnante d’orchidées, cultivées avec passion. Pour le 03 avril nous irons
en scooter, jusqu’à JIMBARAN, en fin d’après-midi, avec le secret espoir de partager, pour l’anniversaire de ma belle, un coucher de soleil sur l’une des plages les plus romantiques au monde. En
guise de coucher de soleil, c’est un bel orage qui accompagnera notre repas, mais qu’importe, nous sommes bien, heureux d’être ensemble, à profiter de ces courts instants, purs cadeaux de la vie,
à près de 13000 Km de notre Bretagne.
Le train ralenti, m’extirpant de mes songes, me forçant à intégrer la réalité, RENNES est à nos pieds, Bali n’est plus qu’un souvenir. Souvenir très fort, si fort, que nous savons Christine et
moi, dans notre fort intérieur, que nous y retournerons bientôt, et peut-être pour longtemps.
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